Sur un trail de 40 km, le dénivelé positif oscille souvent entre 1000 et 2000 mètres. Un bon plan d’entraînement trail 40 km ne se contente pas d’allonger les sorties d’un programme de course à pied classique : il construit une charge adaptée à ce relief dès les premières semaines. Cette progression couvre le 40 km puis les versions 50 et 80 km, avec une version PDF à emporter à l’entraînement.
L’essentiel
- Pour un trail de 40 km, comptez 10 semaines de préparation si vous avez déjà une base d’endurance régulière (davantage en repartant de loin).
- La structure gagnante : 3 à 5 séances par semaine qui combinent endurance fondamentale, fractionné, travail de côtes et une sortie longue qui s’allonge progressivement.
- Le dénivelé compte autant que les kilomètres : un trail vallonné se prépare avec du D+ spécifique, pas seulement du plat.
- Passer au 50 puis au 80 km ne change pas la logique, mais allonge la durée de prépa : le plan complet (40, 50 et 80 km) est téléchargeable en PDF pour l’emporter à l’entraînement.
Ce qu’il faut avant de suivre ce plan
Ce plan s’adresse à un coureur qui a déjà une base d’endurance régulière, pas à quelqu’un qui découvre la course à pied. Concrètement, cela veut dire courir sans problème pendant 1h30 à 2h d’affilée, avec une saison de pratique régulière derrière soi.
Le trail ajoute une contrainte que la route ne connaît pas : la montée soutenue et la descente technique sollicitent les muscles et les articulations différemment, même à allure modérée. Partir sur cette progression sans cette base expose surtout à la blessure ou à l’abandon, pas à un simple manque de forme.
Si vous découvrez la discipline ou visez une première distance plus courte, préparer un trail de 30 km reste un meilleur point d’entrée pour construire cette base progressivement. Ce plan-ci prend le relais une fois cette base posée.
Le plan trail 40 km sur 10 semaines
Les 4 types de séances (et le renforcement en plus)
Le plan s’articule autour de quatre types de séances qui reviennent chaque semaine, dans des proportions qui évoluent. L’endurance fondamentale forme la base : une allure confortable, où la conversation reste possible, qui construit la capacité aérobie sans creuser la fatigue.
Le fractionné muscle le système cardio-vasculaire sur des efforts plus courts et plus intenses, souvent sur terrain vallonné plutôt que sur piste. Le travail de côtes et de montées prépare spécifiquement la propulsion nécessaire au dénivelé positif, pendant que la sortie longue habitue le corps à tenir un effort prolongé, ravitaillement compris.
Deux séances de renforcement musculaire par semaine, quadriceps, mollets et gainage, complètent ce socle : elles limitent la casse sur les descentes et réduisent le risque de blessure en fin de plan.
La montée en charge, semaine par semaine
Le tableau ci-dessous déroule la progression sur les 10 semaines du plan : le nombre de séances grimpe de 3 à 5, la sortie longue passe de 1h15 à 3h, et le dénivelé cumulé de cette sortie progresse de 200 à 1000 mètres. Deux semaines allégées, en S4 et S8, cassent volontairement la progression pour laisser souffler l’organisme avant de repartir.
| Semaine | Séances | Contenu clé | Sortie longue | D+ sortie longue | Note |
|---|---|---|---|---|---|
| S1 | 3 | Endurance fondamentale, côtes courtes | 1h15 | 200 m | Mise en route |
| S2 | 4 | + 1 séance de fractionné court | 1h30 | 300 m | – |
| S3 | 4 | Côtes plus longues, fractionné maintenu | 1h45 | 400 m | – |
| S4 | 3 | Volume réduit, décrassage | 1h15 | 250 m | Allégée |
| S5 | 4 | Fractionné + sortie longue vallonnée | 2h00 | 500 m | – |
| S6 | 5 | Pic de volume intermédiaire | 2h15 | 600 m | – |
| S7 | 5 | Fractionné long, côtes soutenues | 2h30 | 750 m | – |
| S8 | 4 | Volume réduit, entretien | 1h45 | 400 m | Allégée |
| S9 | 5 | Dernière sortie longue au format course | 3h00 | 1000 m | Pic |
| S10 | 3 | Sorties courtes, décrassage | 1h00 | 150 m | Affûtage |
Ce tableau donne le squelette du plan, pas un carcan rigide : une séance ratée se rattrape rarement à l’identique, mieux vaut la sauter et reprendre la suivante que de tout décaler. La dernière semaine, l’affûtage, réduit fortement le volume pour arriver frais le jour J : c’est une phase d’entraînement à part entière, pas un simple repos.
Le volume hebdomadaire suit la même logique en heures cumulées plutôt qu’en distance : il grimpe par paliers jusqu’à un pic autour des semaines 6 à 9, avant l’affûtage final.
Le volume hebdomadaire en un coup d’œil
Le graphique ci-dessous visualise cette courbe en dents de scie contrôlées, avec les deux coupures de S4 et S8 bien visibles avant la chute de l’affûtage.
Adapter le plan au 50 km et au 80 km (ultra)
Passer du 40 au 50 km ne change pas la logique du plan, mais allonge sa durée : comptez 12 à 14 semaines de préparation plutôt que 10, avec une sortie longue qui grimpe jusqu’à 3h30 voire 4h et un dénivelé cumulé cible autour de 1500 à 2000 mètres sur cette même sortie.
Le volume hebdomadaire suit : viser 8 à 10 heures par semaine au pic, contre 6 à 8 heures sur le format 40 km. Les types de séances restent identiques, endurance, fractionné, côtes, sortie longue, renforcement ; seule leur dose augmente.
Le point clé : Passer du 40 au 80 km ne double pas simplement les distances : la préparation s’étend de 10 à 20 semaines, et le dénivelé cumulé de la sortie longue grimpe d’environ 1000 à plus de 2500 mètres. C’est cette charge cumulée, bien plus que le kilométrage affiché, qui dicte la durée réelle de la préparation.
Sur un 80 km, la logique franchit un cap supplémentaire : la préparation s’étale sur 16 à 20 semaines, avec un dénivelé cumulé qui peut dépasser 2500 à 3000 mètres sur la sortie longue de référence, souvent fractionnée en deux jours consécutifs plutôt qu’en une seule sortie. Le volume hebdomadaire grimpe à 10-14 heures au pic, une disponibilité que peu de coureurs loisir peuvent tenir sur la durée.
Les plannings complets de ces deux distances, semaine par semaine, vivent dans le PDF téléchargeable plus bas : inutile de dérouler ici deux tableaux supplémentaires qui répéteraient la même structure.
Le dénivelé : le vrai juge de paix du trail
Deux trails de 40 km peuvent demander un effort totalement différent selon leur dénivelé : un parcours vallonné pèse nettement plus lourd qu’un tracé plat, même à distance égale. Aucune formule fiable ne convertit un mètre de dénivelé en équivalent kilométrique, les coefficients qui circulent en ligne ne sont validés par aucune autorité scientifique : mieux vaut préparer le relief pour ce qu’il est plutôt que de se fier à un calcul approximatif.
À la montée, le travail se rapproche de la musculation : propulsion, fréquence cardiaque qui grimpe vite, mollets et quadriceps sollicités en continu. Les séances de côtes du plan, vues plus haut, préparent spécifiquement ce geste, en variant la pente et la durée des répétitions.
À la descente, l’enjeu est différent : freiner l’impact sans abîmer les quadriceps demande une technique (petits appuis, buste légèrement penché en avant) et un renforcement excentrique spécifique, détaillé dans la section suivante.
Un dénivelé mal préparé ne se rattrape pas en accélérant sur le plat : la fatigue musculaire des jambes, une fois installée en montagne, ne se compense pas par une bonne vitesse sur route.
Récupération et prévention des blessures
La cause de blessure la plus fréquente chez le coureur reste une progression trop rapide de la charge d’entraînement. Une revue publiée dans l’International Journal of Sports Medicine associe une hausse brutale du ratio charge aiguë/charge chronique à un risque accru de blessure chez des coureurs de compétition, dans l’étude complète disponible sur PubMed. Le plan ci-dessus respecte ce principe avec ses semaines allégées ; ne pas les sauter pour rattraper un retard est la meilleure prévention.
Le renforcement excentrique évoqué plus haut, comme le reste du renforcement musculaire du coureur, n’est pas un supplément optionnel : une revue de la littérature sur l’entraînement excentrique, consultable sur PMC, montre qu’il améliore la tolérance des quadriceps et des ischio-jambiers à l’impact des descentes et participe à la prévention des blessures liées au trail.
Sur les sorties longues, l’hydratation et l’apport régulier de glucides préviennent la déshydratation et l’hypoglycémie ; à l’inverse, boire en excès sans apport en sel expose à un déséquilibre électrolytique. Une position de l’ACSM sur l’hydratation à l’effort détaille ces repères : mieux vaut boire à sa soif, régulièrement, plutôt que forcer de grandes quantités d’un coup.

Quel gel énergétique tient sur un trail long ?
Tolérance digestive, dose de glucides, teneur en sel : notre comparatif des gels à emporter en sortie longue.
Voir notre comparatif gels énergétiquesTélécharger le plan en PDF
Le plan complet est disponible en version PDF, à conserver sur votre téléphone ou à imprimer pour l’accrocher près de votre matériel de course. Il reprend le tableau des 10 semaines détaillé plus haut, complété par les plannings intégraux des versions 50 et 80 km, semaine par semaine, sans avoir à les dérouler dans cet article.
Emporter le plan hors ligne évite de dépendre du réseau pendant une sortie en montagne, souvent le moment où la couverture réseau fait justement défaut.
Plan trail 40, 50 et 80 km en PDF
Les 3 plannings complets semaine par semaine. À imprimer, sans inscription.
Questions fréquentes sur le trail long
Combien de temps faut-il pour préparer un trail de 40 km ?
Comptez environ 10 semaines si vous avez déjà une base d’endurance régulière ; davantage si vous repartez de plus loin ou si votre volume actuel est faible.
Combien de séances par semaine pour un trail long ?
Le plan tourne autour de 3 à 5 séances hebdomadaires, réparties entre endurance fondamentale, fractionné, côtes et sortie longue, plus deux séances de renforcement.
Comment adapter le plan pour un 50 km ou un 80 km (ultra) ?
La logique reste la même, seule la dose change : préparation allongée, sortie longue plus longue et dénivelé cible plus élevé, avec les repères chiffrés détaillés dans la section dédiée plus haut.
Faut-il un niveau minimum avant de se lancer ?
Oui : une base d’endurance régulière et l’habitude de courir 1h30 à 2h d’affilée sont recommandées avant d’attaquer ce plan. Sans cette base, un format plus court reste plus indiqué pour démarrer.
Comment intégrer le dénivelé à l’entraînement ?
Par des séances de côtes et de montées dédiées, complétées par un renforcement excentrique des quadriceps et des mollets pour préparer les descentes, plutôt que par une simple augmentation du kilométrage plat.
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. Demandez conseil à un professionnel de santé.
Contenu revu en juillet 2026, prochaine révision prévue en janvier 2027.